Le Festival termine tranquillement sa dernière semaine et j’ai quelques spectacles de retard…
Beautiful Burnout de Frantic Assembly & National Theatre of Scotland
Boxer, jouer, danser… un cocktail fort!
L’histoire tourne autour de 5 jeunes écossais qui tentent de réussir dans le milieu de la boxe, de l’entraîneur et de la mère d’un des jeunes. On voit les désirs et les inquiétudes de chacun, leur vision de la boxe et leurs aspirations. C’est ce qu’on appelle du théâtre physique, les acteurs tiennent une forme impressionante (pompes, courses, boxe pendant 2h…), ils se sont entraînés 3 mois dans un club de boxe pour avoir le corps et les compétences de boxeurs.
La scènographie est intéressante, le ring est au centre d’une arène de trois blocs de spectateurs. Au milieu de ce ring tourne un cercle qui servira de vrai ring pour les matchs joués au ralenti. De deux coins sortent un frigo et une machine à laver qui sont utilisés par la mère pour évoquer ses peurs et sa vie quotidienne. Un mur d’écrans au fond diffusent des moments fragmentés de la pièce, égrainent les 3 minutes d’un round ou servent de toile de fond étoilé à l’unique scène romantique, des sacs de frappe mobiles apparaissent et disparaissent au gré des entraînements et des spots tromboscopiques rythment les moments dansés.
C’est un spectacle percutant autant qu’émouvant, on s’attache aux personnages et on pleure de la fin aussi triste qu’inévitable. La musique forte et les spots nous emprisonnent dans cette arène avec eux. Comme j’étais au premier rang, j’ai été happée et gardée prisonnière pendant plus de deux heures! Et si l’accent écossais perturbe un peu au début, on s’y fait vite.
Le lendemain, j’ai assisté à la rencontre avec le co-metteur en scène et un des responsables du Théâtre National. Une vraie découverte! J’adore le concept de théâtre physique et l’histoire de la compagnie (2 hommes absolument hors du circuit théâtral au départ) et je suis tombée sous le charme du Théâtre National Ecossais. Ce théâtre n’a pas de théâtre! Aucun bâtiment propre, il est donc présent partout en Ecosse. Il co-produit une vingtaine de pièces par an et est accueilli dans toutes les villes qui possèdent un théâtre. C’est plus une marque de fabrique qu’une institution. J’irais peut-être faire un tour en Ecosse en rentrant! ;-)
Tezuka de Sidi Larbi Cherkaoui
… Subjugée par ce spectacle! Complet, juste et enchanteur …
Le chorégraphe belge a travaillé sur Osamu Tezuka, auteur de mangas et artiste majeur du Japon post-Hiroshima. Ce spectacle reprend sa vie et son oeuvre au travers de la danse, de la vidéoprojection, d’arts matiaux, de calligraphie et de musique. C’est un bijou d’exactitude à tous points de vue. Les chorégraphies sont superbes, notamment les duos… (Cherkaoui a un don pour les duos, je repense à un moment où 2 hommes dansent ensemble dans une sorte d’intimité presque violente, c’est d’une beauté troublante). La musique nettoie l’âme par sa beauté fluide et pure, le travail minutieux et presque magique de vidéoprojection est époustouflant.
Le seul reproche qu’on pourrait faire, c’est qu’il y en a partout, tout le temps, on manque inévitablement des choses et on le regrette.
Je pourrais écrire des lignes et des lignes sur ce spectacle mais le mieux est que vous y alliez puisqu’il est programmé au Parc de la Villette au mois de mai!
http://www.villette.com/fr/agenda/Sidi-Larbi-Cherkaoui-2012.htm
Aucune excuse pour ne pas y allez! Ca vaut le déplacement quand on habite en province, les prix ne sont pas excessifs et c’est l’occasion de découvrir un artiste prometteur.
Animals and Children took to the streets de 1927
Un spectacle ingénieux pour un conte macabre…
Trois grands écrans blans qui servent de décors par vidéoprojection et trois femmes qui jouent tous les personnages, c’est tout ce qu’il faut à la compagnie 1927 pour vous emmenez dans son univers décalé et effrayant… Dans ce conte dessiné à la Tim Burton, on nous parle d’enfants semant la terreur la nuit, de voisins étranges, d’un gardien taciturne qui ne rêve que de quitter ce quartier lugubre, d’une jeune et jolie mère pleine d’espoirs qui espère sauver les enfants par les joies du collage, d’une politique radicale pour soigner le problème (drogués les enfants pour les transformer en zombies…, et tout ce que trouve à dire une voisine c’est que c’est une grande amélioration, mon côté militante m’a gratouillé!!!).
Les personnages vivants apparaissent dans les fenêtres découpées dans les écrans ou devant et interagissent avec les projections. C’est comique parfois, triste souvent mais intelligent toujours.
Je n’ai pas tout compris car les jeunes femmes ont un fort accent anglais et font beaucoup de jeux de mots… mais j’espère qu’il y avait un côté dénonciateur parce que sinon c’est juste lugubre comme histoire…
Pour vous donner une idée et parce que je ne suis pas certaine d’être claire…
http://www.19-27.co.uk/#animals
Prochaine critique Raoul de James Thiérée qui mérite un billet à lui tout seul, et ce sera dimanche!!!!